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    Qu'est-ce que l'autofiction ?

    Qu'est-ce que l'autofiction ?

    Qu’est-ce que l’autofiction ? Gérard Genette la qualifiait de « prothèse boiteuse », à tort ou à raison ? L'auto, c'est soi-même, la fiction, c'est l'irréel. Déjà, nous sentons la tension entre la fiction et la non-fiction.

    Définitions de l'autofiction

    Ce terme a été créé par Serge Doübrovsky, critique et romancier, pour qualifier son roman Fils en 1977. Il définit ainsi le mot autofiction : « fiction d’événements et de faits strictement réels ». Il tentait de démontrer le jeu entre les frontières du réel et de la fiction. Si l’autobiographie se veut réelle et véridique, la fiction, elle, comble souvent les trous de la mémoire au sein même de l’autobiographie.

    Jacques Lecarme redéfinira l’autofiction de manière plus précise et en donnant des clés d’analyse.

    En fait, le terme d'autofiction désigne une fiction romanesque qui serait autobiographie. Fiction, en ce qu'elle est génériquement sous-titrée comme roman, et de ce fait autorise d'éventuels énoncés fictifs. Autobiographie, en ce que les trois instances de l'auteur, du narrateur et du protagoniste sont réunies sous le même nom propre, celui de l'auteur ou son pseudonyme usuel. (Jacques Lecarme)

    L’autofiction existait bel et bien avant le roman de S. Doubrovsky. Pour seul exemple (et non le plus ancien), il suffit de prendre Roland Barthes par Roland Barthes, de… Roland Barthes ! Il publie ce livre en 1975, deux ans avant la création du terme. Il dira de son livre que « tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman ».

    Analyse de ce qu'est l'autofiction

    Il aura fallu du temps pour voir apparaître de manière assumée l'autofiction, car chaque auteur parlait d’autobiographie, d’écriture de soi de manière véridique, comme pour suivre ce que le réalisme avait légué, en oubliant légèrement le naturalisme. Mais la réception de ce terme a été controversée : comment accepter de nommer ce qui doit être véridique « autofiction » et le placer dans l’irréel ? Pour autant, peut-on réellement considérer l’autofiction comme une « prothèse boiteuse » ?

    Il semblerait que ce ne soit pas le cas. Il est même plutôt malin de placer l’autobiographie sous le couvert d’une fiction. Certains auteurs devraient s’en souvenir ! En effet, la mémoire n’est pas sans faille. Nous savons également que le temps altère les souvenirs et les recrée pour combler le vide.

    De cette manière, écrire avec du recul, en repensant et non pas en vivant, c’est déjà être dans l’autofiction. Nous découvrons le soi qui n’existe plus et qui peut modifier sans le vouloir, ou même sans le savoir, les traces de son passé. Tout n'est plus qu'une histoire qui reste dans notre tête et qui représente le conte imagé de notre vie.

    L’autofiction pourrait donc se définir simplement comme une autobiographie dont on se méfie soi-même et avec laquelle on prend de la distance. Soit parce qu’on réinvente quelques détails, voire quelques parties de sa vie pour combler les vides, soit parce que l’auteur est conscient des limites de l’autobiographie. Il s'agit également d'un jeu littéraire avec lequel beaucoup d'auteurs joueront.


    Pour aller plus loin :


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