Le registre dramatique VS le registre tragique

Le registre dramatique et le tragique ont certes, de nombreux points communs, mais il serait malheureux de les confondre. La principale distinction se trouve dans la notion de fatalité relative au tragique, là où l’on retrouve plutôt une succession rapide de rebondissement dans le registre dramatique. En revanche, tous deux reposent sur l’intensité des émotions qu’ils font ressentir aux lecteurs.
Comprendre le registre dramatique
Le registre dramatique est issu lui aussi du théâtre, puisque le drame est tout un genre. Cependant, il s’applique à tous les genres, notamment les récits lorsqu’il s’agit du registre dramatique. Il est parfois également repérable à ce qu’il emprunte au drame théâtral (et non pas au tragique).
Définition du registre dramatique
Il définit un texte riche en péripéties, qui crée une tension par tous les rebondissements qu’elle propose. Le rythme du texte est à la fois saccadé et rapide, présentant des phrases exclamatives et interrogatives. Ils servent à multiplier les coups de théâtre et les renversements de situation.
Le registre dramatique provoque donc de fortes émotions telles que la peur, l’inquiétude ou la surprise chez son lecteur. Pour cela, elle mise sur les menaces et/ou les destructions autour des personnages principaux. L’auditoire est prisonnier du tempo intense du genre, la tension et le grand nombre d’actions créent précisément le suspens recherché.
Souvent, le dramatique emprunte aux thématiques de la passion, de l’amour, de l’injustice, de la mort ou de la guerre. En effet, chacun de ces sujets est particulièrement adéquat pour établir une simultanéité d’événements et d’incertitude. On ne poursuit cependant pas à tout prix le dramatique, les personnages peuvent s’en sortir.
Les principaux procédés utilisés par les auteurs :
On retrouve parmi les outils exploités par les écrivains la narration rapide dans l’intention de constituer des rebondissements. Les phrases sont exclamatives et interrogatives, ils recourent des verbes d’action afin de capturer le lecteur dans l’instant présent. Les coups de théâtre sont courants et établissent une tension.
Les champs lexicaux sont ceux des émotions intenses tels la peur, le doute, l’étonnement, la joie, le soulagement et la tristesse. Pour appuyer sur ce discours, les figures d’insistance font nombre, comme les hyperboles, et les exagérations. Le sentiment douloureux domine la plupart du temps le texte.
D’autres outils qui viennent surtout du théâtre apportent également des indices sur le registre. Par exemple, il n’est pas anodin de constater la présence de didascalies kinésiques ou des prolepses. La prolepse est d’ailleurs particulièrement utile pour créer une tension dramatique : on sait à l’avance ce qui va arriver, mais il reste à découvrir tous les rebondissements qui ont mené au moment expliqué.

Comment distinguer les registres dramatique et tragique ?
Ce qui va faire la différence entre les deux types de texte est l’idée de fatalité ou non des héros. Généralement, le tragique nous présente un protagoniste hors du commun, qui lutte contre des entités qui le dépassent comme des dieux ou des prophéties. Il n’a aucune échappatoire et son destin est scellé. Le tragique ne se trouve pas forcément dans les rebondissements.
En revanche, le registre dramatique s’appuie en particulier sur l’action rapide et ses héros sont souvent communs. Ils ne sont pas confrontés à l’irrémédiable et ils affrontent des obstacles à leur mesure. Le registre dramatique prend dans certains cas une dimension initiatique ou en tout cas prépare le protagoniste à un apprentissage et une évolution. C’est parfois le drame qui va transformer le personnage en héros.
On assiste alors souvent à trois temps forts :
- le tragique : le destin, plus fort que les personnages, les désunit ;
- le dramatique : la succession d’actions qui mènent au drame en quelques instants ;
- le pathétique : il n’y a plus rien d’autre à faire que de contempler la souffrance des héros, la tragédie a déjà eu lieu.


