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    24 mars 2026

    Rousse ou les beaux habitants de l'Univers

    Rousse ou les beaux habitants de l'Univers

    Ce premier roman de Denis Infante est une véritable fable écologique. Il propose à ses lecteurs une histoire d'animaux, où l'homme a disparu pour laisser place à un univers qui s'adapte à la sécheresse. La violence n'existe plus vraiment, malgré le fait qu'il reste des proies et des prédateurs. Dans cette histoire, les amitiés apportent réconfort et connaissance, la nature est résiliente et nous recevons un peu de sagesse et de poésie bestiale, rappelant que le monde est beau et qu'il serait bon d'en prendre un peu plus soin…

    Résumé du roman fable de Denis Infante

    Rousse est une petite renarde qui n'a jamais quitté sa forêt natale, mais l'eau se fait de plus en plus rare et les lois ancestrales commencent à être bafouées. Elle décide alors de suivre son instinct de jeune renarde aventurière et curieuse pour découvrir le monde. En effet, on raconte qu'au-delà de la forêt, il existe des montagnes enneigées et des lieux où la nourriture et l'eau sont abondantes. Elle se méfie tout de même, car les anciens racontent également qu'au-delà de leurs bois, d'horribles créatures menacent les habitants et les arbres sont effrayants.

    Rien ne décourage la brave renarde en quête d'une vie meilleure. Elle dit au revoir à sa terre et voyage. Au cours de sa pérégrination, elle rencontrera ces horribles choses et les loups la traqueront, mais elle se liera également d'amitié avec l'Ourse ou le Maître corbeau, entre autres, qui lui apprendront le monde. Son voyage, véritable récit initiatique, lui permettra de nous décrire un monde où l'homme n'existe plus et où elle gagne en sagesse, jusqu'à devenir maîtresse à son tour. 

    Une fable qui raconte un monde résilient

    Rousse où les beaux habitants de l'Univers est à la fois un monde dystopique, libéré de toute humanité et une fable anthropomorphe à la mode de Jean de La Fontaine. Cependant, la morale est toute autre, plus animale et moins espiègle. En effet, Denis Infante propose le tableau d'un univers résilient face à la sécheresse. Il rappelle une loi de la nature où, parfois, la loi du plus fort ne domine pas. Ainsi, la poésie trouve sa place et il n'est pas seulement question de survivre pour Rousse aux griffes de tous les prédateurs qui pourraient exister.

    Factuellement, la renarde nous décrit des paysages très variés, avec des arbres tordus et effrayants, mais qui se battent pour survivre. Elle décrit ensuite des oasis, au bord du ruisseau, offrant un peu de repos à ses habitants. Pourtant, la mort n'est jamais lui et le poison coule régulièrement dans le fleuve, emportant avec eux ceux qui n'écoutent pas la sagesse de Maître Corbeau, qui a la mémoire de ses ancêtres. Nous croisons aussi ce qui semble être des restes d'une humanité, ces os de "faces plates" qui jonchent le sol et qui ont construit des choses en "faraille" (sic.). Ils sont encore une menace, puisque nous devinons à demi-mot qu'ils ont laissé des terres décrites sous le joug de la mort. Cependant, Rousse a appris de son voyage que la vie prendra toujours le pas. Même les terres brûlées reprennent vie.

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    Lorsque la rédaction propose au lecteur une écriture au ras du réel, c'est en effet peu de le dire. Avant de se lancer dans la lecture de ce très court roman, il faut savoir dans quoi vous vous engagez. L'écriture de l'auteur, très belle par ailleurs, peut laisser certain hors du livre puisqu'il évacue tous les articles ou presque. Le sens des mots dissone également par rapport à ce que nous lisons majoritairement, qui semble presque emprunter à d'autres systèmes de langue que nous fréquentons moins. Lorsque Rousse devient plus sage, il arrive que la lecture soit plus "fluide", mais le style reste plutôt le même, assez animalisé, du début jusqu'à la fin.

    Personnellement, cela ne m'a pas du tout gênée et je me suis sentie séduite par la poésie de certains extraits. Je n'ai rien à y redire, donc. Denis Infante nous offre une nouvelle façon de lire et de voir le monde, où la langue sert la déshumanisation du monde et de l'histoire. Le vocabulaire se fait parfois plus précis, mais c'est un jeu de piste à travers un univers que nous avons quitté qui s'offre à nous. Rousse et son créateur nous entrouvre la porte, mais c'est à nous d'aller vers eux.

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    Ce que j'en pense en quelques mots

    J'ai adoré suivre l'histoire de Rousse, apprendre de l'instinct maternel d'Ourse et recevoir ce que Noirciel avait à nous dire. Il y a les sages et aussi les vaillants comme Coeurfier, le sanglier auquel Rousse s'attachera particulièrement. Se retrouvent aussi les blessés par la vie comme Ombre, l'écureuil qui cherche sa mère, probablement attrapée par un de ses prédateurs et même un gentil renard timide, mais respectueux des désirs et non désirs de Rousse. La dernière rencontre, la cheffe des Éléphants, achèvera l'apprentissage de notre renarde tout en douceur.

    Ce livre a été un véritable coup de cœur de poésie sans demi-teinte. Je me sens chanceuse d'avoir pu lire un peu de cette poésie à un moment où mon esprit avait besoin de légèreté. Cette fable très actuelle séduira de nombreuses personnes, pour ceux qui réussiront à passer outre l'écriture en décalage avec un français correct !

    Citations

    Mais un jour, alors que vieux hêtre était encore jeune arbre, peuple des Faces Plates, malgré son immense puissance, malgré solides tanières, malgré faraille, malgré savoir et pouvoir, disparut comme poussière au vent, comme rides sur étang. Comme rosée sous brillant soleil.
    Disparut sous violent feu tombé du ciel, feu foudre, foudre soleil, qui brûle roches et vivants.
    Disparut dévoré par maladies étranges, invisibles poisons.
    Disparut entre-dévoré, massacres et famines.

    Personne ne sait. Aucun Maître, aucun sage.

    Et os blancs couvrent plaine. Et arbres biscornus et créatures difformes. Terres Brûlées, Terre Mortes, Rongemork, Flamme Froide. Blessures et souillures seules restent de ce peuple qui voulut être maître du monde et de toutes créatures de sève et de sang qui naissent et croissent sur terre.
    Voici très anciennes légendes, fragments d'histoire qui sont mémoire des vivants, depuis multitude d'années, depuis très longues lignées d'éléphants, très longues lignées de corbeaux et de toutes créatures qui savent. Très longues vies d'arbres.

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    // lastname: Infante // firstname: Denis // title: Rousse ou les beaux habitants de l'Univers