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    Tout savoir sur l’humanisme du XVIe siècle

    Tout savoir sur l’humanisme du XVIe siècle

    L’humanisme, mouvement littéraire par excellence du XVIe siècle, marque un certain renouveau scientifique, philosophique et culturel dans une société qui découvre tout le nouveau monde. Plus qu’un simple mouvement littéraire, il s’agit également d’un large mouvement culturel touchant toute l’Europe, à commencer par l’Italie puis se répandant au fur et à mesure des pays limitrophes aux autres plus éloignés.

    Les origines de l’humanisme

    L’humanisme prend ses racines dans un monde encore inconnu. Toute cette époque garde les traces des grandes découvertes terrestres et astronomiques faites par les navigateurs et les scientifiques. En provoquant un élargissement des connaissances, ils parviennent également à faire évoluer les modes de pensées et à un relativisme des coutumes de chaque peuple.

    Les livres se répandent également avec l’invention de l’imprimerie, ce qui permet d’en garder une trace plus sûre et pérenne dans le temps. Le temps des incunables (= livres écrits ou recopiés par des copistes avant l’invention de l’imprimerie) prend fin en même temps que la stabilité du monde, plongé dans l’inconnu des découvertes le partage de tant de nouveauté.

    Ce qui va aider les artistes à développer cet humanisme est l’intérêt des grandes figures historiques du siècle pour la connaissance. En effet, le roi François Ier va largement contribuer à l’extension des connaissances en encourageant le mouvement humaniste et en invitant de grands auteurs et artistes italiens en France. Il va également ouvrir sa bibliothèque personnelle aux érudits et acheter un exemplaire de chaque livre imprimé (ça ne vous rappelle pas la mission de la BNF, par hasard ?). Sa sœur aînée Marguerite de Navarre va également protéger les artistes en jouant le rôle de mécène auprès de nombreuses figures importantes du siècle.

    Quelques figures importantes de l’humanisme :

    • Guillaume Budé (a qui est confié la création de la BnF) ;
    • Guillaume Fichet ;
    • Thomas More (Utopie) ;
    • Rabelais (Gargantua, Pantagruel, Tiers livre, Quart Livre, etc.) ;
    • Jacques Lefèvre d'Etaples ;
    • Érasme (Eloge de la folie) ;
    • Montaigne (Essais).

    Les principes de l’humanisme du XVIe siècle

    L’humanisme demeure un courant culturel important dans lequel la connaissance joue un rôle majeur. Qu'elles soient dues à des découvertes de textes anciens ou à des recherches totalement nouvelles, les principes de l’humanisme au XVIe siècle sont régis par ces savoirs qui changent la façon dont le monde était jusqu’alors perçu.

    Le retour à l'Antiquité grâce à la découverte d’anciens manuscrits

    Les nombreuses découvertes de textes anciens poussent les intellectuels de la Renaissance à s’intéresser à nouveau à l’Antiquité, tournant ainsi le dos au Moyen-Âge. Cette dernière est alors perçue comme une sombre période obscurantiste face à la multitude de philosophes redécouverts.

    Ils développent également leur esprit philologique afin de déterminer les auteurs de chaque manuscrit retrouvé. Cela démontre une certaine volonté de remonter jusqu’à la source d’un texte et de son auteur afin d’écarter les commentaires ajoutés par les scripteurs. Ils cherchent l’authenticité de ce qu’ils lisent et reçoivent alors l’Antiquité comme la première Renaissance.

    La vision que l’on se fait du monde change à la Renaissance

    La vision du monde change petit à petit. Au début, le mouvement humaniste est optimiste. La joie règne lors des découvertes des nouveaux mondes, des nouveaux continents et des cultures qui vont avec, etc. Chacun à fois en l’homme et en la raison. On recentre également l’intérêt général sur l’homme plus que sur Dieu.

    Cela marque un tournant important (mais difficile à mettre en place, les guerres de religion et les massacres en témoignant) et l’homme devient la mesure de toute chose. Il paraît maintenant comme un sujet d’étude artistique, philosophique, politique et culturel. Par exemple, Léonard de Vinci va composer l’homme de Vitruve ou Ambroise Paré va faire de nombreuses découvertes sur le corps humain. L’être humain devient alors tout un univers à découvrir.

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    Littérature et politique, c’est possible ?
    Les humanistes ne se limitent plus à la philosophie et aux propositions culturelles. Ils s’intéressent également à la politique afin d’imaginer un monde meilleur, voire idéal. C’est le cas par exemple de Thomas More avec son Utopie qui donnera son nom à un genre encore bien connu aujourd’hui.

    Une nouvelle conception de l'éducation

    La fin de la scolastique (j’apprends par cœur) pour former des cerveaux (je réfléchis)

    Penser autrement a forcément des répercussions sur la manière d’enseigner. Et en effet, l’éducation des enfants suit un nouveau concept bien spécifique. Si, au Moyen-Âge, ils enseignaient selon la scolastique, nous passons maintenant à une méthode humaniste qui rejette la scolastique, jugée mécanique et au fonctionnement périmé.

    Les humanistes vont alors confronter leurs têtes pensantes aux textes en eux-mêmes (cela étant possible grâce au travail philologique et à l’impression), alors que la scolastique se basait principalement sur les commentaires d’une œuvre. Ils souhaitent développer l’esprit critique des étudiants et pour cela, rien de mieux que de proposer de faire ses propres commentaires.

    Un esprit sain dans un corps sain : trouver un équilibre

    La tradition humaniste s’intéresse également de plus en plus au grec et refuse le langage jargonnant. Ils n’acceptent plus non plus la fausse culture pour cacher l’ignorance des futurs érudits. C’est l’idée dont parle Montaigne dans ses Essais :

    Il vaut mieux une tête bien faite qu’une tête bien pleine.

    Et pour cela, rien ne vaut un esprit sain dans un corps sain (Juvénal) : l’éducation physique n’est donc plus en reste. Par là, les humanistes cherchent un équilibre entre corps et esprit, entre connaissance et culture, entre confiance et esprit critique. Une grosse révolution a lieu également à cette période : l’éducation est ouverte pour les jeunes filles (1re institution en 1574 à Avignon).

    Dans leur soif de connaissance, ils prennent également le temps de traduire les textes et de les transmettre afin d’en faire profiter le plus grand nombre. Pour transmettre leurs connaissances, François Ier propose la création du Collège des lecteurs royaux relayant cette pédagogie humaniste. Le roi ouvre également sa bibliothèque personnelle aux érudits du siècle dans le but de partager un maximum les connaissances.

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    L'humanisme à l'épreuve de la réalité

    Les humanistes tiennent à l’humanité et ont foi en l’être humain. Ils repensent le monde et leur culture et ont une soif de savoir importante. Pourtant, l’humaniste qui place l’homme au centre de son monde est tout de même confronté à 8 guerres de religions. Cette guerre civile traumatisme profondément les pouvoirs royaux et la société.

    Ils sont également confrontés aux massacres dans le nouveau monde. Les hommes veulent toujours prendre possession des terres qu’ils découvrent et tuent les populations plutôt que de chercher à la comprendre. Ils se posent alors de plus en plus la question du rôle de la culture dans ces conflits.

    Une certaine désillusion face aux idéaux humanistes se fait globalement ressentir. En effet, le revers de l’humanisme reste la conquête du monde pour des terres, au nom de la religion (et de la culture) ou pour de l’or. Pour des personnes prônant la tolérance et l’amour de l’homme, cela reste discutable…

    Pour aller plus loin...
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