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    21 juillet 2026

    9 secondes, la civilisation du poisson rouge

    9 secondes, la civilisation du poisson rouge

    Bande dessinée qui tire son nom et son contenu d'un essai de Bruno Patino, directeur de la chaîne Arte. 9 secondes relate dans un court format l'économie de l'attention à laquelle nous sommes confrontés et comment un outil qui voulait proposer une grande liberté (naissance d'internet) s'est transformé sous les prescriptions du GAFAM qui en a fait autre chose.

    Pourquoi lire cette bande dessinée de vulgarisation ?

    Il me semble que cette B.D. ne suggère rien de bien nouveau sous les tropiques. Ici, c'est avant tout la jeunesse que ce format paraît particulièrement rechercher. Pour tout argument, notons que le bédéiste et Patino vise les RS et les portables et que la quatrième de couverture indique bien "ces mêmes ingénieurs qui ont évalué la durée de vigilance de la génération des millenials", est bien au fait du temps qu'elle passe réellement devant un écran et de l’usage plus ou moins intéressante qu'elle peut en faire. Cela n'empêche pas pour autant l'auteur de remettre sa propre utilisation du cellulaire en question avec humour.

    En revanche, un rappel sourcé des phénomènes qui se joue lors de la consommation des écrans reste particulièrement intéressant. En effet, pour s’extirper d'une addiction, il faut la reconnaître et en comprendre les mécanismes participe à se sortir de la culpabilité. Savoir également que l’usage des écrans n'est pas qu'un problème de volonté, mais aussi de manipulation commerciale et hormonale (oui, oui ! Dopamine quand tu nous tiens !) aide. Les écrans sont ainsi comparés à des machines à sous et leurs impacts négatifs. Qui plus est, la bande dessinée rappelle bien qu'il s'agit d'un phénomène mondial et les adultes qui liront cette BD seront peut-être amenés à être plus vigilants par rapport à leur progéniture.

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    L'économie de l'attention et "la fabrique du réel"

    L'économie de l'attention est tout un système qui permet aux géants d'internet de capter notre attention et de nous empêcher, en un sens, de quitter les réseaux sociaux et autres médias. Ils jouent sur les informations personnelles et les données d'utilisation transmises pour suggérer des publicités ciblées qui viendront nous donner envie de consommer. Car, rien n'est gratuit et si les GAFAM proposent des services, ils ont besoin d'être rentables. Cela se fait néanmoins de plus en plus au détriment de nos biais cognitifs.

    Il prend un long moment également pour exprimer un fait qui inquiète la sphère connectée. La prolifération des sources, les fausses informations, la manipulation abusive de l'IA pour générer, c'est peut-être cela que l'auteur aurait le plus fortement questionné. Il évoque dans plusieurs chapitres l’instauration d'un nouveau référentiel. Les influenceurs deviennent des références. Cependant, derrière les influenceurs et les croyances qui se créent, multipliées par cet avènement d'internet, il y a les victimes de la crédulité et parfois de véritables dérives. Cette B.D. est donc un bon rappel pour nous amener à plus de vigilance sur ce que nous lisons et qui est à l'origine de la source.

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    Un peu de contraste, s'il vous plaît ! tous les écrans ne se valent pas

    9 secondes fonctionne sur le mythe qui voudrait que le poisson rouge ait une mémoire de 8 secondes, ce qui est faux. Si la bande dessinée ne prend pas la peine de casser explicitement cette pensée, elle attaque surtout les réseaux sociaux et leur usage/r. Ils parlent de tous les R.S, mais certains sont plus visés que d'autres et pourtant ! On recourt tous à nos écrans pour tout un tas de raison et les anciens qui laissaient leur télévision allumée toute la journée ont des réflexes équivalents que ceux qui se connectent de manière compulsive à leurs applications préférées.

    Alors, il aurait été bon de rappeler plus amplement que tous les usages d'internet ne se valent pas et comment chacun s'empare des outils numériques. Déjà, puisque nous travaillons pour ainsi dire tous à minima avec les outils technologiques et nos PC et il me paraît assez réducteur de poser la problématique des réseaux sociaux seulement dans le cadre des millenials.

    Pour terminer sur une note positive, dans l'un des schémas, il est même évoqué que la manipulation principale du cyberespace est intéressante (recherche d'informations, musique, etc.). Ensuite, rappelons que nous sommes capables de nous concentrer plus de 9 secondes en dehors des réseaux. Ce qui est si inquiétant, ce n'est peut-être pas qu'on utilise les R.S comme un moyen de décompression, mais que cela fasse de nous des cibles et que nous ne parvenions plus à la déconnexion ni à la protection de notre vie intime. Cela reste une bande dessinée à prendre au sérieux, en gardant une pointe d'humour tout de même !

    Citations

    Ce modèle de diffusion et de réception de l'information n'est pas sans effets sur nos sociétés. À partir de la fin du XVIIIe siècle, en Europe, la presse a largement contribué à l'essor des démocraties libérales. Grâce à la large diffusion de la formation, les individus vont pouvoir se forger une opinion éclairée et devenir ainsi des citoyens, plus à même de débattre des grandes options de la société.
    C'est la base de la démocratie ! En partageant la même réalité factuelle, nous pouvons débattre des mêmes sujets. Nous vivons dans le même monde même si nous n'avons pas les mêmes opinions.
    Ça, c'était avant les réseaux sociaux.
    Aujourd'hui, non seulement nous ne partageons pas toujours la même réalité factuelle, mais en plus, à cause des "filter bubbles", nous ne parlons plus forcément des mêmes choses. La presse pensait organiser la conversation, c'est la conversation qui désormais la désorganise.

    Si ce livre vous intéresse :
    Sinon...
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    Fahrenheit 451 a un nom bien particulier pour une dystopie, mais il fait sens. Il s’appelle ainsi puisqu’il s’agit de la température à laquelle le papier brûle, comme expliqué dès les premières pages du roman…
    // lastname: NAVARRO Morgan // firstname: PATINO Bruno // title: 9 secondes, la civilisation du poisson rouge