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    4 juillet 2023

    Les Amazones, roman de Jim Fergus

    Les Amazones, roman de Jim Fergus

    Après Mille femmes blanches et La vengeance des mères, Les amazones termine la trilogie entamée il y a quelques décennies par Jim Fergus. Cette histoire narrant l’intégration de quelques femmes blanches parmi les groupes cheyennes et le désastre qu’a suivi l’exécution de ce plan trouve donc une fin surprenante, qui saura plaire ou déplaire, mais qui aura le mérite d’exister.

    Les amazones, fin de la trilogie de Jim Fergus en résumé

    Cette fois, c’est Molly Standing Bear qui va ouvrir le roman. Premièrement, elle souhaite rétablir la vérité sur ce qui s’est passé avec J. W. III, puis elle explique qu’elle ne souhaite pas que le roman soit modifié, ce qui fait qu’elle interdit au descendant de May de retoucher les récits.

    Nous découvrons ainsi que toutes les certitudes liées à l’avenir de Molly et des autres femmes blanches peuvent encore basculer. En effet, nous revenons sur le sauvetage miraculeux de Molly avant d’apprendre ce qui est arrivé aux sœurs Kelly. Nous découvrons aussi que certains personnages que nous pensions disparus sont bels et bien vivants et seront l’objet de nombreuses péripéties.

    Il semble difficile de faire un résumé court de ce tome tellement les révélations nécessaires pour expliquer le livre seraient importantes. Ce que nous pouvons dire sans prendre le risque de gâcher le plaisir de lecture est que ce tome est rempli de surprise et que les femmes fortes que nous avons connues y ont repris leur place. Elles cherchent toutes à trouver leur place quelque part et laissent entrer le monde magique au cœur de leurs vies.

    La vengeance des mères de Jim Fergus - Culture Livresque
    La vengeance des mères et le second tome d’une trilogie composée par Jim Fergus. Après Mille femmes blanches, nous retrouvons les sœurs Kelly qui nous racontent à leur tour ce qu’elles sont devenues,

    La recherche de la liberté devient une quête d’un foyer

    Dans les tomes précédents, chaque personnage cherchait avant tout sa liberté. Elle semble plutôt acquise au fur et à mesure de l’histoire, bien qu’elle soit toujours remise en question. Si les Indiens continuent de se battre et que les femmes blanches cherchent leurs places, chacun fait ses choix et se bat pour sa propre vision du monde et de sa liberté. Le fait de pouvoir être privé de sa liberté et de devoir se battre pour elle ressemble d’ailleurs à une définition de ce mot.

    Alors, une fois cette liberté plus ou moins atteinte, certains personnages veulent trouver un foyer. Chacun commence à se demander ce qu’il veut pour l’avenir. Certaines femmes vont notamment décider d’arrêter les combats, d’autres préféreront retourner lutter pour les droits du peuple et enfin certaines prennent la décision de retrouver la société des blancs. Chacun choix s’inscrit dans le cheminement personnel des individus et semble mener au même point : où veulent-ils vivre ? Où est leur véritable "chez eux" ?

    Mille femmes blanches de Jim Fergus - Culture Livresque
    Mille femmes blanches est le premier roman d’une trilogie écrite par Jim Fergus. Traitant d’un échange entre les Blancs et les Indiens, le livre explore les plaines indiennes et le rapport entre les Blancs…

    Un tome qui délaisse la découverte d’un peuple pour ouvrir le champ du mystique

    Les amazones de Jim Fergus se démarque des deux tomes précédents en plusieurs points. Le premier et le plus important est sûrement le traitement du monde indien. Ici, le temps de décrire ce peuple et d’en dicter les coutumes est passé. Cela laisse à penser que les femmes blanches, bien intégrées, ont fini leur cheminement et ont mis terme avec le temps où elles ont vécu dans le monde des blancs. Toutefois, cela peut aussi prendre un autre sens qui peut être considéré comme complémentaire.

    En effet, si l’on ne se base pas du point de vue des personnages, l’entrée du mystique dans le récit amène à penser que le monde indien prend le dessus sur l’écriture des blancs. Jim Fergus ne transmet plus seulement des informations sur un peuple à la manière d’un ethnologue, il embrasse la culture et la partage, comme si les histoires de la tradition orale prenaient le pas sur le récit. Si l’on s’intéresse également un peu plus au narrateur, nous constaterons que les précédents journaux étaient présentés par des journalistes. Cette fois-ci, c’est Molly Standing Bear qui décide de ce qui est dit, peut-être que cela justifie un peu plus cette échappée vers le mystique des personnages.

    Alors comment se transcrit cette enveloppe mystique qui enrobe le roman ? Déjà, l’inexplicable apparaît de manière bien plus marquante qu’avant. Les personnages féminins que nous suivons deviennent elles-mêmes les témoins ou les objets de cette mystique qu’elles ne dominent pas, à l’instar de Molly qui se sauve d’une mauvaise passe sans comprendre la façon dont s’est arrivé. Les croyances ne sont plus simplement des mythes, Jim Fergus leur donne, dans un récit qui était jusqu’alors très inspiré de la réalité, un aspect véridique en proposant de croire que "le monde derrière le nôtre", sorte de paradis terrestre comme l’Eden, existe. La culture indienne n’est donc plus l’objet d’étude, mais il transcende le roman.


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    Attention aux divulgations dans cette partie : une revenante et élan littéraire ?

    Dans ce tome, May semble également revenir d’entre les morts. On la découvre affaiblie, mais qui guérit, puis forte et qui prend des initiatives. Finalement, elle commence à se demander ce qui vaudrait le mieux pour elle : rentrer à Chicago et chercher ses enfants ou rester auprès de Little Wolf et de Wren. L’ampleur de l’histoire change ainsi en mettant au centre du récit la question du chez soi.

    Nous découvrons également une May bien différente de celle que nous avons connue. De retour au camp de Little Wolf, elle semble se sentir menacée dans sa posture de cheffe des femmes blanches et devient jalouse et quelque peu envieuse. Elle cherche la compétition pour gagner, comme une enfant qui se sent dépossédée d’une place qu’elle ne veut pas partager.

    Elle change également complètement de discours sur ses relations amoureuses avec les hommes qui ont partagés ses jours avant le fameux cow-boy Chance. Harry Ames n’est plus que le résultat d’un défi envers son paternel et elle décrit John Bourke comme étant l’homme qui l’a consolé et rassuré alors qu’elle était effrayée, ramenant ses sentiments à une espèce de manipulation. Enfin, Little Wolf devient une figure paternelle qui semble ne jamais avoir pris la posture de véritable amant. Alors, si elle gagne en humanité par sa quête d’un foyer, elle n’en reste pas la représentation d’un type.

    Les amazones de Jim Fergus (résumé détaillé)
    Les amazones est le dernier tome composant la célèbre trilogie de Jim Fergus. Si le succès de l’auteur a éclaté à l’internationale grâce à Mille femmes blanches, la suite de cette série a également fait parler d’elle…

    Une facilité narrative pour la fin ?

    Si c’est la fin de Mille femmes blanche qui m’a tant fait aimer l’ouvrage, je ne peux pas en dire de même de ce qui se déroule dans Les amazones qui est tout de même le dernier tome de la trilogie. De fait, cela signifie que l’auteur met également fin à ses personnages en leur traçant un avenir, radieux ou détruit, qui façonnera notre vision d’eux.

    Ici, l’auteur semble ne pas avoir véritablement choisit de trancher le destin des femmes blanches de manière catégorique. Il semble partagé entre les camps et ne pas vouloir en mettre un trop en avant au détriment de l’autre. Ainsi, si l’armée américaine était la seule monstrueuse dans Mille femmes blanche, les Indiens (et notamment les sœurs Kelly) faisaient également preuve de beaucoup de férocité dans le second volume.

    Ce troisième tome semble vouloir ainsi chercher la réconciliation en apportant une solution inattendue : certains personnages se destinent au "monde derrière le nôtre". Est-ce une facilité narrative pour permettre une fin plus heureuse ? Cette fin a au moins le mérite de laisser du repos à certains guerriers et d’offrir un choix entre deux mondes (l’un sans danger et l’autre de combat) aux personnages.

    Citations

    Mais voilà, après la destruction de notre village, après cette balle dans le dos, je suis arrivée à la conclusion que personne ne résistera à l’implacable invasion de la race blanche et aux moyens qu’elle met en œuvre pour supprimer ce qui se dresse sur son chemin. Rien, aucune des maigres possessions de ce vieux peuple indigène, et encore moins le portrait que nous avons pu en faire.
    Les Indiens sont des gens discrets et effacés. A ce propos, je n’utiliserai pas dans ces pages le terme d’"Amérindiens", relativement récent. Il nous a été attribué par des Blancs bien intentionnés, de manière à faire valoir que nous étions les premiers habitants du continent qu’ils nous ont pris. De beaux esprits qui semblent soulager leur conscience en admettant, tacitement ou expressivement, que nous sommes les victimes d’un génocide et d’un vol généralisé.
    Sur 5 712 femmes et filles indigènes portées disparues en 2016, selon le Centre d’informations criminelles des États-Unis, seulement 116 ont été enregistrées dans le fichier des personnes disparues du Département de la Justice.
    506 : le nombre de femmes et filles indigènes disparues ou assassinées dans 71 villes américaines en 2016, d’après un rapport de novembre de l’Urban Indian Health Institute.
    1 sur 3 : selon le Département de la Justice, la proportion d’Amérindiennes victimes d’un viol ou d’une tentative de viol, soit plus du double de la moyenne nationale.
    84% : le nombre de femmes indigènes qui ont subi des violences physiques, sexuelles ou psychologiques au cours de leur vie, selon le National Institute of Justice.
    "New York Times, 12 avril 2019"

    Si ce livre vous intéresse :
    Sinon...
    May et Chance, roman de Jim Fergus - Culture Livresque
    Après la trilogie de Mille femmes blanches, Jim Fergus nous propose la fin de l’histoire de May à travers le roman May et Chance. Nous retrouvons ainsi l’héroïne accompagnée de son amant…

    // lastname: Fergus // firstname: Jim // title: Les amazones