Les registres laudatif, épidictique et didactique

Dans ces trois registres littéraires, vous trouverez une forme de graduation. La première part de la recherche de l'admiration, la suivante joue d'un besoin de faire l'éloge pour instruire et la dernière se détache de la partie émotionnelle pour instruire. Il y a donc un jeu entre le pathos, l'égos et le logos.
Le registre laudatif
Dans le registre laudatif, nous remarquons en premier lieu la recherche de l'auteur à susciter de l'admiration chez le lecteur. Il va pour cela louer une personne, un objet, une idée. Ce genre de discours est avant tout déployé de nos jours dans les réclames afin de mettre en avant les fonctions esthétiques, pratiques ou morales de ce que les publicitaires promeuvent. En littérature, nous rencontrons ce registre dans les romans, les essais, le théâtre et plus particulièrement lorsque nous nous trouvons face à une oraison funèbre, un hymne ou bien une louange à une divinité.
Dans ce cas, l'auteur propose le plus souvent une description élogieuse, des comparaisons positives, des périphrases ou encore des modalisateurs de certitude. Le vocabulaire est mélioratif et/ou valorisant. Il n'est pas rare de trouver des superlatifs. Soyez également attentif à la présence de la flatterie, les exclamations et les apostrophes, ainsi qu'aux exagérations.
Attention, nous pouvons trouver des textes écrits au registre laudatif, mais qui comportent de nombreuses antiphrases. Elles doivent être mises en évidence puisqu'elles mettent en avant la construction d'un éloge paradoxal. Cela signifie que l'éloge est ironique et rempli d'hypocrisie.
Le registre épidictique
Dans le registre épidictique, il y a une notion de jugement et d'instruction claire. Les genres privilégiés sont la fable, l'oraison funèbre, le discours, la poésie et le pamphlet. Ces types de textes sont particulièrement intéressants puisqu'ils permettent à la fois d'utiliser le passé et le présent pour imaginer un futur pour constituer ce registre.
La réalisation d'un portrait, le déploiement d'une idée politique ou d'une décision sont de bons prétextes à l'installation du registre épidictique. En général, il y a une adresse à un auditoire réuni pour un événement. Derrière cette tonalité, il y a l'idée de réaliser un éloge ou un blâme dans un objectif toujours instructif.
Les caractéristiques que vous pouvez repérer sont alors l'hyperbole, les phrases exclamatives, l'antithèse et l'oxymore et les connecteurs logiques. Dans le cas d'un discours épidictique élogieux, soyez attentif aux expressions valorisantes, les phrases longues, les métaphores et comparaisons, et les superlatifs de supériorité. Pour l'épidictique blâmant : vous trouverez des mots dépréciatifs, les questions oratoires, les antiphrases ironiques, les antithèses ainsi que les comparatifs et les superlatifs d'infériorité.
C’est un crime d’avoir accusé de troubler la France, ceux qui la veulent généreuse, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’impudent complot d’imposer l’erreur devant le monde entier.
Émile Zola, J'accuse
Le registre didactique
Dans un texte didactique, l'auteur cherche à transmettre des connaissances ou une morale. Le discours est structuré, il possède des liens logiques et un lexique précis, voire technique. Souvent, nous lisons une forme d'injonction dans les idées transmises. Il y a donc un mélange de référentiels et d'impressions, avec des phrases brèves et qui s'appuie sur des exemples ou des citations. Globalement, il s'agit du genre le plus argumentatif de tous, vous pouvez par conséquent utiliser les différents outils d'analyse des textes argumentatifs mis à disposition sur Culture Livresque :


De manière générale, si vous observez la présence de raisonnement logique, de vérités générales et la notion de convaincre/persuader/argumenter, vous visez juste. Vous pouvez aussi trouver dans une juste mesure des énumérations, un lexique qui se veut pédagogiques et surtout et de manière plus abondante, de l'impératif voire une modalité injonctive. L'auteur cherche à vous faire adhérer à son discours.
Vous pouvez sentir cette notion dans Les fables de La Fontaine (attention, elles peuvent aussi être épidictiques) ou encore dans la lettre programme que Pantagruel adresse à Gargantua.



